The Seed : les âmes vagabondes (part 1)

THE SEED

Quand le voyage se fait avec souplesse, qu’on suit avec harmonie le flot de tout ce qui nous arrive de nouveau tout semble évident et je sentais que j’allais vivre quelque chose d’intense bien avant d’arriver en Thailande. Comme si les éléments se mettaient en place seuls si on ne tente pas de les contrôler.

Dans tous mes précédents voyages les évènements se concentrent souvent dans un lieu, comme au Cambodge à Kampong Cham, à Bali et Ubud, Bandung sur Java par exemple ou j’y ai rencontré des musiciens et artistes, ou de simples voyageurs qui m’ont donné de nouvelles clés.

Arrivée à CHIANG MAI :

Je rejoins un ami blogueur, Christopher (visiter son excellent blog http://tour-monde.fr/) dans une petite guest house du centre de Chiang Mai (moyenne impression de la guest house, mais vous en avez plein dans le carré central de la ville et il est facile de se loger).

Au programme des 4 jours passés sur Chiang Mai :

-échange de précieux conseils de blogging avec Chris

-quelques bières vidées dans des pubs divers

-j’ai assisté à un entrainement de boxe Thai (sans enthousiasme particulier car je suis plus attiré par la tradition que la boxe sportive)

-décortiqué un cours de « dance-contact »

-mangé à m’en exploser la panse au Farmer Market, petit marché bio écolo avec des produits fait maison absolument succulents ! A ne pas manquer, dans le centre.

Mais surtout ce qui m’a retenu, c’est ce petit bar en ébullition qu’est le North Gate Jazz Club, ou j’ai rencontré d’incroyables musiciens : un saxophoniste ébouriffant le premier soir qui leadait le groupe, et a même partagé l’argent gagné du groupe avec moi ! Je peux vous dire que je l’ai regardé avec des yeux ronds et il a obtenu mon immédiat respect et ma confiance par ce simple geste de générosité gratuite.

Donc, Chiang Mai : ville de taille moyenne (pour le centre), le quartier touriste n’a rien de très original mais il y fait bon vivre et il y a énormément d’activités artistiques dans le coin. J’aurai pu y rester plus mais mon amie Sunny m’attendait dans les montagnes de Pai et à force de repousser je risquais de la louper.

Retrouvailles :

Je n’ai pas eu à chercher longtemps dans la petite ville de Pai pour retrouver Sunny. Pourtant le mini bus (150TB pour le trajet de la guest house+mini van Chiang Mai/Pai) avait pas loin de 2 heures de retard sur l’horaire prévue et n’ayant pas de moyen de communication je ne savais pas comment retrouver mon amie, mais la encore tout s’est passé facilement, Sunny marchait dans la rue au moment ou elle m’a vu descendre du bus.

Mais qui est Sunny ? Encore quelqu’un qui mériterait (et qui fera l’objet) d’un article. J’ai rencontré Sunny à Okinawa lorsque je m’entrainais au karaté Goju Ryu (lire l’article famille & arts martiaux), une coréenne qui vendait des bracelets dans la rue piétonne de Naha et qui logeait dans la même guesthouse à l’époque. Nous n’avions pas alors parlé mais j’avais remarqué son haut niveau d’Anglais et à quel point l’esprit semblait affuté et nous sommes devenus amis comme frères et sœurs par la suite. Sunny est une vraie belle et grande personne, ancienne avocate ayant tout laché pour voyager et vendre ses bracelets sur la route, elle a de quoi inspirer plus d’une personne qui se sent titillée par l’envie de se lancer !

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La graine…

La nuit tombe rapidement dans les montagnes et je me retrouve dans une guest house très agréable à jouer de la musique en mangeant des plats coréens et japonais cuisinés par Sunny et ses amis quand arrive une jeune femme toute souriante qui s’assoit en face de moi et se met à chantonner, son compagnon suit de quelques minutes avec un sourire tout aussi chaleureux et tout de suite je me dis… Mais qui sont ils ? Il y a un truc immédiat qui se passe, comme rencontrer de vieux amis et la le truc est fort. Ils s’appellent Alex et JJ (prononcez Djay Djay), elle est métisse Philippino-anglaise et lui Nigérian-anglais et tout deux écrivent de la poésie et sont artistes jusqu’au bout des mots.

Je décide de sortir après le dinner prendre mes repères en ville, mais je n’irai pas bien loin car en passant devant un bar qui s’appelle « Edible Jazz » j’entends une voix lumineuse chanter du Tracy Chapman. Je rentre dans le bar et la je vois ce grand gars avec ses dreads chanter les yeux fermés… Je sors ma flute sans attendre et je me mets à jouer assis dans le public en face de lui. Il me fait alors signe de monter sur scène mais je reste assis et nous jouons l’un en face de l’autre, lui sur scène moi dans le public, aussi curieux l’un que l’autre, l’un de l’autre.

Le morceau se termine et je monte sur scène le saluer avec sa percussionniste (dont j’ai malheureusement oublié le nom) mais le public réclame plus, il veut la même chanson encore une fois. J’avais presque oublié que des gens nous regardaient, à un point tel que la personne qui a filmé le moment sur scène avec Chinua (que l’on voit au début de la vidéo) a pris la caméra sans même que je m’en aperçoive !

Chinua m’apprend qu’il y a un open mic le lendemain, on se reverra donc ici même, le rendez vous est pris !

Mais ce n’est pas terminé car le lendemain Sunny souhaite m’emmener au Moon Village, une communauté Japonaise dans les montagnes. Il y a apparemment un maitre de flûte qui serait de passage avec sa femme.

Alex et JJ nous accompagnent, la route est splendide et j’en prends plein les yeux et faire la route nous 4 fut un beau moment de partage. Nous arrivons au Moon Village et je me mets directement à jouer avec un guitariste quand j’entends un son de flûte venir de derrière moi. Je me retourne et tombe sur un vieux monsieur au regard tendre et perçant à la fois. Le genre de visage qui colle parfaitement au maitre caché dans les montagnes des films de kungfu !

Nous jouons ensemble, il m’observe attentivement pendant que la nuit tombe. D’autres personnes s’activent autour du feu pour faire cuire à manger et un mini concert est organisé ou ce fameux maitre doit jouer. Et j’avoue qu’il m’a tellement scotché que je n’ai même pas eu l’idée de sortir ma flute et jouer avec lui à ce moment là tant le temps s’est arreté, maitrise du souffle, de l’intention. Peu de notes et pourtant une magie puissante s’écoulant de son Shakuhachi.

Mais…il est déjà 10 heures du soir et je dois aller à l’open mic, JJ, Alex et Sunny veulent rester mais j’ai promis à Chinua d’y aller alors je m’eclipse discrètement et me met en route en espérant ne pas me perdre dans les montagnes !

Et la, j’ai rencontré le dernier pion. A peine arrivé à l’Edible Jazz, Chinua me fait signe, il va jouer avec un gars, un argentin qui vient d’arriver à Pai. On se présente : Hello, I’m Niko… Hello I’m Nico (lui !)… Bon, ben ça c’est fait on a le même nom d’emblée. Et la on se met à jouer tous les trois et croyez moi, toutes les personnes présentes se sont immobilisées, plus un mot alors que l’ambiance était bruyante. Apesanteur, magie, harmonie… Tout est là et quand on finit de jouer le public se lève à l’unisson.

Une promesse se fait : demain il faut qu’on se revoit tous les 3, qu’on aille dans un endroit naturel afin de jouer sans contraintes. Je sais déjà que je dois emmener Alex et JJ et que l’alchimie sera parfaite (Sunny doit malheureusement partir au petit matin et ne sera pas des notres…).

La graine était plantée…tous les ingrédients étaient là et ce qui s’est passé vous pouvez en voir une partie dans cette longue et belle vidéo qui ne pouvait que porter ce nom :

THE SEED…la graine.

(à suivre)

 

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