Monter le volcan Merapi – Central Java

Merapi volcanoLe volcan Merapi :

Si notre objectif principal en visitant l’Indonésie et Java était de rencontrer des musiciens, des artistes, il n’en reste pas moins que mon ami Fabian et moi même sommes tous les deux inexorablement attirés par la nature et le côté « roots » du voyage. Nous avons donc décidé de nous diriger vers le Merapi, volcan de type explosif culminant à 2911m. 2911 ? Bof pas grand chose quand on a connu les randos à La Réunion en long en large avec papa maman qui nous trimbalent depuis tout petits avec eux…. Et bien non ! Le volcan Merapi, ça se mérite et je vais vous dévoiler pourquoi.

Mais où est le Merapi ?

Le Merapi se trouve juste en face du volcan Merbapu qui lui culmine à presque 4000 mais qui doit se faire avec du vrai matériel de rando de haute montagne, et vu que nous sommes un peu parti les mains dans le poches difficile d’envisager son ascension.

Ce volcan reste tristement célèbre pour ces éruptions meurtrières, la dernière en date de 2010 avait fait évacuer tous les villages environs et quelques personnes locales qui doutaient des avertissements des scientifiques ont subit le courroux du Merapi et ses nuées ardentes qui se sont abattues sur les environs.

Brrrr…ça fait froid dans le dos non ? Mon premier volcan de type explosif et encore actif !

Comment s’y rendre ?

La, c’est plus délicat, enfin si comme moi vous aimez les transports locaux plus que les tours opérator et leurs horaires peu modulables. Nous sommes donc partis de la ville de Prambanan ou nous avions assisté au spectacle du Ramayanah après notre journée à Borobudur (lire l’article sur Borobudur). Direction Kartosuro en bus pour environ 2heures, puis changement pour Boyolali 1heure, ensuite tout petit bus rempli de gosses sortant de l’école en mode comprimés heure de pointe métro parisien pour la toute petite ville de montagne de Sepogo et la… plus de bus après 14h ! Attention voyageurs, on ne vous prévient que sur place !

L’option « demerde a zot » (en Kreol Réunionnais) devient inévitable, mais après avoir écarté l’option monter derrière des motos avec nos gros sacs, on monte à l’arrière d’un petit camion à côté des brocolis et autres légumes de marché qu’il doit monter à la ville de Selo, notre destination finale ! Yeepee ! Les cheveux au vent, pour une toute petite somme nous arrivons enfin à l’entrée d’une homestay toute mimi, décorée entre Islam, Boudhisme, Indiens d’amérique et dragons chinois , et le tout au pied du Merapi qui se dresse fièrement l’air de dire : vous m’aurez pas comme ça les ptis gars !

Départ Nocture :

Pas de repos pour les guerriers, on veut voir le lever du soleil et on décide de monter à 1heure du matin avec un guide local. Il reste quelques heures et on dort ce qu’on peut, Fabian écrase comme d’habitude et moi je lutte contre mon insomnie journalière et décide de faire un tour dans le village. J’y rencontre Beegee, un local qui parle très bien anglais et super sympathique. On prend un café, on mange et il me ramène à la homestay, je reveille Fab et il prend le relai avec notre nouvel ami qui l’emmène chez lui voir sa famille travailler le tabac. Après 2heures de sommeil pour moi, et environ 6 pour Fab, il est temps de se mettre en route, on évite le départ avec le groupe de touriste tout juste débarqué de Djogyakarta en taxibus et on pousse notre guide Shabit à partir devant !

Glissades :

merapi

De la cendre à volonté!

Toute la première partie, grande montée sur la route jusqu’à un premier point de « repos » où la plupart des touristes commencent (tricheurs !). Notre guide est fatigué, il n’a pas dormi car il travaillait lui aussi le tabac jusque tard dans la nuit, on ralentit un peu le rythme mais il va reprendre vite du poil de la bête.

Le volcan Merapi, c’est une montée sans virage, on y va tout droit ! Bam ! Pas de chichis, si tu dérape, tant pis… La seconde partie est assez marrante, car nos chaussures n’adhèrent pas à toute la cendre accumulée sur le petit sentier et je glisse plus d’une fois avec un bon pti juron bien de chez moi ! Malgré ça, la montée est un véritable bonheur, enfin du silence, de la nature et de l’air frais ! Même bien frais au fur et à mesure qu’on monte.

On attaque l’avant dernière partie, faite de tout un tas de petits morceaux de roches volcaniques qui nous font glisser encore et encore. Personne aux alentours, nous avons dépassé tout le monde, on est bien en avance sur le plan de départ. Mini pause en bas de la dernière grande montée, le Merapi se dresse devant nous, son ombre nous domine, sombre et verticale. Et la, Shabit sort les gants renforcés, une parka et un petit doute s’installe. « Tu es sur qu’on peut monter sans problème jusqu’en haut ? Oui oui, normalement… Et pourquoi tu mets les gants, pour le froid ? Non, pour les rochers, ils sont coupants et des fois ils tombent… » …..silence…

Niko : heuuu Fab, on y va ?

Fab : Ben, ouai on est la, on essaie..

Et on se lance, notre guide est tout en énergie maintenant, Fab et moi on met tout ce qu’on peut comme couche de vêtements car ça commence à cailler sévère ! Mon K-way est déchiré et entame son dernier voyage, paix à son âme !

Doutes et récompense :

Je dois avouer que je n’en menais pas large sur la dernière partie qui tient plus de l’escalade que de la rando. On oublie la lampe torche à la main, hop dans la bouche pour pouvoir se servir des deux mains, le Merapi me nargue un peu trop et me fait un peu peur, le vide juste dessous et la chute possible à tout moment avec tout ces rochers qui glissent me font un peu douter de ma capacité à atteindre le sommet. Quand on a le vertige et qu’en plus on fait une ascension de nuit, je peux vous dire qu’il faut y aller pour avancer !

Une demi heure d’ascension pénible, roches coupantes et pieds qui doivent à tout moment être prêt à faire face à une glissade, pas de sentier juste la direction du sommet à peine visible dans la pénombre…Brrrrr ! Enfin, une halte décidée par notre guide à l’abri du vent qui se fait plus froid et plus insistant. Fab fait des photos de nuit, Shabit s’endort pour récupérer un peu avant la levée du jour. Il est 4h, on est trop en avance et le vent souffle trop fort au sommet, on patiente 45minutes, je somnole et Fabian se rétracte sous sa tente/coupe-vent alors que je grelotte de partout !

4h45, je réveille tout le monde, on s’y remet et la, surprise, à peine 15minutes de grimpette et le sommet !!! J’ai beau avoir l’habitude de la montagne, celle ci nous offre un paysage à couper le souffle. Le soleil montre ses couleurs à l’horizon tout doucement et les ombres de la nuit s’effacent pour laisser place au splendide décor du volcan Merapi. Nous pouvons voir jusqu’à très loin, bien au dessus des nuages, le vent souffle mais qu’importe, la récompense est de taille, premiers au sommet sans équipement en 3h15 (sans compter la pause obligatoire pour le vent) et une vue qui restera gravée longtemps dans nos esprits !

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Photo: Fabian Suarez

D’autres touristes débarquent et s’installent pour observer le lever de soleil, notre guide fait des blagues, tout le monde sourit et partage avec bonne humeur ce magnifique moment. Bon, le soleil est la mais on a décidément bien trop froid, on redescend ?

Festival de glisse :

La descente se fait rapidement, la partie la plus délicate au début est au final plus facile que la montée quand on sait négocier la glisse des rochers avec une mémorable course avec le guide dans une grande descente de petites scories ! Beau fou rire à l’arrivée. Mais le meilleur reste à venir, touuuute la grande partie cendres, et poussière en courant pour réduire la glisse mais mes genoux commencent à flancher. Je dois ralentir le rythme et du coup le festival de glisse commence. Je tombe presque coup sur coup, mais je me rassure en voyant que je ne suis pas le seul, même notre guide s’y met !

Le reste de la descente se fait un peu dans la douleur car mon genou commence à me lancer sérieusement, mais le petit dej de l’arrivée est merveilleux, suivi d’une bonne sieste dans la Homestay et un bon café. Que du bonheur !

Conseils pratiques :

Prévoyez chaussettes épaisses pour les frileux, polaire et change pour le sommet.

Un bon coupe vent sera salutaire, la lampe torche est obligatoire et la paire de gant vous évitera bon nombre de coupure de rochers et vous permettra de vous rattraper plus facilement avec les mains lors des glissades inévitables de la descente.

Au niveau du budget, notre Homestay au pied du volcan nous a couté 150000 Roupies pour la nuit avec le petit dej, café et thé à volonté et accueil grand sourire très agréable. Le guide à 200000 roupies, plus un petit bonus à donner avant l’arrivée (demandez Shabit, très souriant et agréable comme tous les autres guides d’ailleurs).

Prenez bien sur de l’eau, des biscuits et je pense qu’un bon thé chaud au sommet doit être sublime ! Bon, nous on en avait pas, mais on en a rêvé !

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Avec notre guide, Shabit

2 Responses to Monter le volcan Merapi – Central Java

  1. Romain dit:

    Salut Nico,

    merci pour cette belle petite aventure, et ces belles photos.
    C’est drôle, une des premières choses que j’ai fait quand j’ai su que tu allais en Indonésie, c’est de regarder les randos / sommets.
    Je vois que vous avez les chaussures de rando de rigueur. Tu m’étonnes que ça glisse! Je remarque aussi que quelqu’un derrière vous est monté en bottes caoutchouc, ce qui est pas mal non plus. ^_^
    C’est sûr que la « rando avec les mains », c’est impressionnant, mais ensuite les paysages n’en sont que plus beaux.
    Bonne route pour la suite.

    • Niko Coyez dit:

      Salut Romain! C’est sur que la montée était assez coriace de nuit avec nos chaussures pourries mais le sommet était tellement beau que nous avons été largement récompensés de nos efforts!
      Bises et un autre sommet arrive demain en vidéo 😉

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